• Ce dimanche 8 mai 2016 eut lieu à Grenoble la deuxième édition de la course de la Résistance : pour les adultes, le départ eut lieu à la caserne de Bonne et l'arrivée dans le Parc Mistral, aux abords de la mairie.

    Le parcours (de 8 kilomètres pour les adultes) fut l'occasion pour les coureurs de passer devant de nombreux lieux symboliques, tels le musée de la Résistance et la rue Bizanet.

    Voici quelques photos (non libres de droit) de l'évènement.

    Course de la Résistance

     

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     "Non ! C'est par là !"

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  • Retour sur l'année 2015 : la ville de Saint-Martin d'Hères célébrait les 70 ans de la victoire sur le nazisme, en rendant hommage à des Résistants isérois. Des portraits étaient affichés sur quelques bâtiments de la ville.

    Saint-Martin d'Hères

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  • Arrêté le 17 mai 1944 et exécuté le 21 juillet, Marco Lipszyc fait partie des figures de la Résistance ayant marqué la ville de Grenoble. Quel fut son parcours avant son entrée dans la Résistance ? Claude Collin tente de reconstituer son parcours.

     

    Dès le départ, les renseignements dont on dispose sur Marco Lipszyc, comme ceux qui concernent son identité, sont sujets à caution. Selon un extrait de son bulletin de naissance, établi à Lodz (Pologne), il aurait vu le jour le 26 novembre 1912 dans cette ville, et aurait reçu les prénoms de Mordeha et Wolf, soit un prénom juif et un prénom allemand. (...) Sur des demandes de papiers d'identité établies en 1938 à Paris et Grenoble, on trouve Mordka et Mordko. A partir de la mobilisation de 1939, le prénom systématiquement utilisé est Marco.

    (...)

    Ses parents étaient d'origine juive, même s'ils s'étaient convertis - ce qui est peu vraisemblable - à la religion protestante. Sa famille appartenait à la petite bourgeoisie : Marco avait tenté de la "prolétariser", en déclarant son père "fonctionnaire". Une partie de la famille paternelle était venue s'établir en France avant la guerre de 1914, au cours de laquelle un des oncles de Marco aurait été tué. 

    (...)

    C'est dans une Pologne en crise, au sortir de la première guerre mondiale (croissance au ralenti, crise de 1929-1930, régime autoritaire), que Marco grandit : il obtient son Bac en juin 1930, à 17 ans. Selon Jean Rolland, son beau-frère à qui Marco s'est en partie confié, il aurait été déjà membre d'une organisation politique de jeunesse intitulée ZMR (Zwiazek Mliodziezy Robotniczej) soit Union de la Jeunesse Ouvrière, structure liée au Parti Socialiste Polonais. Mais très vite, le jeune semble se tourner vers le mouvement communiste.

    (...)

    Le régime du maréchal Pilsudski, au pouvoir en Pologne depuis 1926, se caractérise par son autoritarisme, mais aussi par les mesures restrictives qu'il adopte vis-à-vis de la population d'origine juive. Si un véritable numerus clausus n'existe pas en Pologne, il n'empêche que les étudiants juifs sont le plus souvent l'objet de brimades et de vexations à l'université. C'est sans la raison pour laquelle Marco s'inscrit à l'université de Tchécoslovaquie, un des rares pays véritablement démocratiques de la région. (...) Alors que la mémoire de la famille française de Marco situait ses études à Brno, de récentes recherches effectuées par sa petite fille ont révélé qu'elles avaient eu lieu à Prague. Toujours est-il que, s'il entreprend bien des études de médecine à l'université de Prague, il n'en reste pas moins un militant. Il rentre sans doute périodiquement à Lodz. La Tchécoslovaquie, qui jouit de davantage de libertés, héberge nombre de réfugiés politiques des pays voisins. C'est aussi dans ce pays que toute une littérature révolutionnaire est imprimée. Là encore, pure supposition, mais qui n'est ni irréaliste, ni invraisemblable, Marco pourrait être un "porteur de valises" rapportant par exemple de la littérature communiste en Pologne. En 1932 ou 1933, il est en effet arrêté et "fait un long séjour dans une prison polonaise pour activité subversive", selon les dires de son beau-frère. Le motif exact de cet emprisonnement n'est pas connu, mais on sait qu'il marque le jeune homme (...) au point qu'il préférerait se faire tuer plutôt que d'être arrêté de nouveau.

    On retrouve Marco à Paris en octobre 1933 et ne retournera jamais en Pologne. On peut s'interroger sur ce départ qui a des allures de fuite, alors qu'il est vraisemblablement fiché par la police de la Pologne des colonels.

    (...)

    La période qui s'étend de 1933 à 1937 est à peu près aussi opaque que les précédentes. (...) Il semble pourtant qu'il n'a pas poursuivi ses études. Son beau-frère Jean écrit à ce propos : "Sans ressources, il est obligé de gagner sa vie, par exemple comme cireur de parquets." (...) Il est à peu près sûr qu'à Paris, Marco s'est investi politiquement (...). Il s'engage dans les Brigades internationales en 1937. A l'évidence, entre ces deux dates, il n'est pas resté inactif. A-t-il été en contact avec la section juive de la MOI, la Main d'Oeuvre Immigrée, mise en place par le PCF à la fin des années 1920 pour organiser en "groupes de langues" les communistes étrangers sur le sol français ? Il faut savoir qu'à l'époque, cette organisation structure de façon importante la communauté juive immigrée, en général yiddishophone, et joue un rôle capital d'encadrement. Marco, qui manifestement semble vouloir s'affranchir de sa judéité et ne parle peut-être pas le yiddish, militerait plutôt dans la section polonaise.

    (...)

    C'est sans doute en 1937 que Marco s'engage aux côtés des républicains espagnols. (...) Dans son numéro du 16 mai 1945, le Travailleur alpin, à l'époque quotidien du PCF de l'Isère, déclare : "En 1937, à vingt-quatre ans, au moment où les républicains espagnols reculaient faute d'armes, il réussit, à l'insu de l'équipage et avec la complicité du seul capitaine, à détourner un cargo hollandais qui transportait des armes à Franco. Il parvint à franchir le détroit de Gibraltar en trompant les navires de guerre français et à mener la précieuse cargaison dans le port républicain de Valence." Marco était-il responsable de cette opération, comme le laisse entendre le travailleur alpin, ou a-t-il seulement participé à ce détournement, comme l'écrit Jean Rolland ? Une question de plus sans réponse.

    (...)

    Marco revient à Paris au cours de l'été 1938. Il est alors envoyé à Grenoble. En raison d'une "maladie pulmonaire", il est envoyé se reposer en montagne. Une facture de pension atteste de sa présence à l'hôtel des Glaciers à Pinsot (à côté d'Allevard-les-Bains) du 1er août au 20 septembre.

    Portrait de Marco Lipszyc, patron des Francs-Tireurs et Partisans de l'Isère

     

    (Source : Marco Lipszyc - Etranger et notre frère pourtant, de Claude Collin)

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  • La directrice de cet établissement de St-Martin d'Hères, Claire Darré-Touche, collaborait avec zèle. Le 5 mars 1943, quatre hommes du Groupe-Franc de Louis Clavel ("Petit Louis") pénètrent dans la distillerie, obligent quatre employés à les diriger vers le dépôt d'essence et s'emparent de cinq pipes de 200 litres d'essence. Quelques jours plus tard, ces même hommes s'emparent d'un camion contenant cinq tonnes de sucre. Ces butins étaient destinés soit au maquis, soit à des familles nécessiteuses connues des Résistants. Extrit du récit de la première opération :

    "(...) Le personnel est rassemblé dans la cour. Et c'est ainsi que directeur, employés et dactylos, groupés aux premières loges, assistent au déroulement de l'opération : les camions traversent la cour, manoeuvrent, s'alignent à quai. Dix gars armés sautent à terre, relèvent les bâches. Déjà, les ouvriers ont compris. Spontanément, ils se précipitent pour les aider. La chaîne de leurs bonnes volontés et de leurs bras ont tôt fait de charger à bord des véhicules 20 "pipes" du précieux carburant. Un petit maquisard blond qui commande d'un ton énergique, suscite l'étonnement des spectateurs. C'est Ariel. Mitraillette au poing, elle règle les détails avec un parfait sang froid. L'intervention allemande peut, d'un instant à l'autre, transformer la cour en champ de bataille. Il faut faire vite ! (...) Maintenant, une pluie de "Gauloises" remercie les ouvriers, dont l'élan patriotique a permis l'extraordinaire record d'enlèvement des fûts (...)".

    A la Libération, un comité de gestion prend en main les destinées de l'usine : Claire Darré-Touche s'enfuit en Suisse. Ses biens sont mis sous séquestre et l'un de ses immeubles de Grenoble est saisi  par le Comité d'Epuration. Un mandat d'arrêt est lancé contre la directrice. Le Comité gérera jusqu'en 1947 ce qui était la première biscuiterie d'Europe. Durant cette période, de nombreuses oeuvres sociales ont été mises en oeuvre par l'entreprise.

    (Sources : Années sombres...Années d'espoir...Saint-Martin d'Hères 1939-1945 - Olivier Vallade ; Liberté provisoire - Lanvin-Lespiau)

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  • En Isère, courant 1940, les patriotes qui ne veulent pas s'avouer vaincus se groupent, commence une propagande.

    Début 1941, les mouvements principaux sont : 

    COMBAT, LIBERATION, FRANC-TIREUR, FRONT NATIONAL.

    Ils s'aperçoivent rapidement que, seule, la propagande ne suffit pas, qu'il faut créer une armée. Le 1er mars, l'armée secrète de Combat pour l'Isère prend naissance dans la réunion de trois camarades : Bloc, dit Jolivet ; Job, dit Mas, puis Rappe, Raymond Bank, dit Féval, puis Tinan.

    • COMBAT est dirigé par une vaillante femme, Claude, et ensuite par Jean Bistesi, chargé de cours à l'Institut d' Electrochimie de Grenoble. Celui-ci, efficacement secondé par son épouse, concours au ravitaillement du maquis "Evreux",
    • LIBERATION est créé et lancé par Marguerite Gonnet, mère de neuf enfants, qui assure, dès les premiers moments, la diffusion du journal Libération à Grenoble et dans le département. A dater du début 1941, condamnée à deux ans de prison avec sursis, elle passe ensuite la direction du département à Jean Weber, dit Beaumont, qui organise les comités locaux du mouvement Libération dans tout le département,
    • FRANC-TIREUR est dirigé par Mathieu, Chavant (dit Clément) et l'industriel Jean Perrot, qui protégea de son mieux les ouvriers contre les déportations en Allemagne, et qui fut pour eux un chef et un ami,
    • FRONT NATIONAL a été lancé par X, déporté en Allemagne. Ce fut lui qui, en juin 1942, lança le journal clandestin Les Allobroges (...).

    1943, avec le service du travail obligatoire, voit la création des premiers maquis ; ils naissent tout d'abord au hasard des circonstances, puis sont coordonnés, acquièrent une structure qui ne variera pas beaucoup jusqu'à la Libération. Ceux-ci, entre l'Isère et le Drac, deviendront le maquis du Vercors, dont Clément a été l'un des plus puissants animateurs.

    COMBAT, LIBERATION et FRANC-TIREUR se groupent sous le nom de M.U.R (Mouvement Uni de Résistance), sous la présidence du Docteur Valois. Leur organisation s'améliore chaque jour. Tous les Résistants sentent le besoin de s'unir. COMBAT, LIBERATION, FRANC-TIREUR, le Parti Communiste, le Mouvement de Libération Nationale et le Front National constituent, début 1943, le Comité de la France Combattante de l'Isère, commandée par Rappe. Cette initiative, qui a reçu les félicitations du Général de Gaulle, est reprise ensuite dans toute la France.

     

    (Source : Le Livre d'or de la Résistance en Isère)

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