• Les hôtels Suisse & Bordeaux et Terminus

    De février à mars 1944, Aloïs Brunner - bras droit d'Adolf Eichmann - et ses hommes opèrent en Isère. Le Kommando Brunner s'installe dans l'hôtel Suisse & Bordeaux (6 place de la Gare), à la fois base pour l'action et prison pour les Juifs arrêtés par des rafles suivies de spoliations et de tortures, tandis que l'hôtel Terminus (10 place de la Gare) est réquisitionné par l'Office de Placement Allemand.

    L'hôtel Suisse & Bordeaux

    Les hôtels Suisse & Bordeaux et Terminus

    Quotidiennement, ses hommes traquent, filent, perquisitionnent et arrêtent. On estime à près de 250 personnes le nombre de celles qui ont été arrêtées ainsi. Face aux difficultés à trouver des Juifs, le Kommando encourage la délation et recourt à l'aide des collaborationnistes.

    La première action d'envergure du Kommando a lieu le 6 février à la station thermale d'Uriage. Le choix de la station fut sans doute fixé en raison du grand nombre de Juifs qui s'y étaient réfugiés et de l'implantation du 351è groupement de travailleurs étrangers dans lequel se trouvaient nombre de Juifs. 49 personnes sont transférées à Drancy. Quinze jours après, le Kommando effectue une opération similaire. 

    L'hôtel Suisse & Bordeaux

     Cette fois, la cible est le village de Monestier-de-Clermont, dans le Trièves. Une dizaine de personnes sont arrêtées le 23 février. 

    L'hôtel Suisse & Bordeaux

     En réalité, c'est à Grenoble que s'exerce l'essentiel des opérations : les arrestations s'y succèdent à un rythme effréné. Du 6 au 12 février, les hommes de Brunner visent les hôtels et les restaurants. Ce qui caractérise le mieux ces rafles et arrestations est le postulat adopté par le Kommando : toute personne est juive, à moins d'en apporter la preuve contraire. Tortures et sévices sont intensément pratiqués : il s'agit de faire avouer aux personnes arrêtées "leurs origines". L'arrestation d'une personne doit conduire à l'arrestation de l'ensemble de la famille. Pas un Juif ne doit échapper aux SS.

    Après le départ du Kommando Brunner, les arrestations ne s'arrêtent pas. Comme si leur passage à Grenoble avait créé une impulsion dans la traitement de la question juive.

     

     

    (Source : 1939-1944 Grenoble en Résistance : parcours urbains)

     

    Yahoo!

    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    2
    Ljub Profil de Ljub
    Mardi 2 Juillet 2013 à 22:06

    Merci ! C'est aussi un plaisir d'aller prendre ces photos.

    1
    Madame Têtard Profil de Madame Têtard
    Mardi 2 Juillet 2013 à 21:26

    Toujours intêressants et accessibles ces articles. Les photos qui "ancrent" l'Histoire dans la réalité actuelle.  

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :