• Marguerite Gonnet est l'épouse du Directeur de l'office de tourisme de Grenoble. Elle crée la section iséroise du mouvement Libération-Sud. Elle est chargée de diffuser le journal clandestin Libération. Elle est arrêtée le 18 avril 1942, à la suite d'une dénonciation. La police perquisitionne chez elle et trouve des exemplaires de Libération et des tracts intitulés "Messieurs de Vichy". Incarcérée à Saint-Joseph de Lyon, elle est mise en liberté provisoire et poursuit le combat clandestin à Grenoble : elle va organiser le maquis en compagnie de Jack Quillet en entrant en contact avec des Résistants polonais. Début 1944, elle va à Aix-les-Bains pour prévenir de l'arrestation imminente de Juifs, mais elle arrive trop tard : elle est obligée de se réfugier dans le massif de l'Oisans. A la Libération, elle siègera dans des instances telle que la Cour de Justice.

     

    Focus sur : Marguerite Gonnet

     

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  • 1/ Le dépôt de munitions de la Caserne de Bonne.

    Les lieux grenoblois de l'occupation et des attentats de la Résistance

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    2/ Le polygone d'artillerie (rue des Martyrs).

     Les lieux grenoblois de l'occupation et des attentats de la Résistance

    Les attentats de la Résistance

    Les lieux grenoblois de l'occupation et des attentats de la Résistance

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    à suivre...

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  • (Sources : textes = Mémoire vivante, paroles de résistants - Ville d'Echirolles - Ville d'Eybens ; carte = www.mappy.com ; photos personnelles issues du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère)

     

    Pierre Thibaut grandit dans une famille de six enfants. Son père, qui entre très tôt dans la Résistance, mourra héroïquement en juillet 1944, tué par les nazis. Une tragique époque qui va déterminer son engagement.

    "Moi, je suis entré dans le maquis pour venger mon père. Parce que quand on a su que son père a été massacré comme ça, on est très, très touché. On est obligé de faire quelque chose. Tout ce qui se passait dans mon pays, je ne l'ai pas admis. Je n'ai pas admis que des Français collaborent avec l'occupant et que des Français sortent des Français de chez eux en les matraquant, les montent dans des camions, les amènent à l'armée allemande. [...] Moi, je vous le dis : c'était atroce." Pierre THIBAUT

    *

    Bernard Baille-Barrelle évoque la détention de son père Louis Beille-Barrelle.

     "A Buchenwald, il travaillait. Parce que les déportés, ils étaient là pour travailler. Mais ça ne les empêchait pas de faire de la Résistance dans les camps. Ils détruisaient les machines, ils cassaient quelque chose... Moi j'ai entendu mon père dire : un jour, un copain à lui - ils travaillaient ensemble - lui dit : "Dis donc Louis, t'en as pas marre de faire ce boulot pour ces cons ?" Et ils ont foutu le four en l'air, ils ont cassé le four.

    Ils se sont fait...On les a foutus au bord d'une tranchée. Il y avait des tranchées ouvertes où il y avait tous les morts. On les a mis au bord de la tranchée, toute la nuit, avec les mains sur la tête près des miradors, en attendant qu'ils tombent. Et puis c'est un Allemand, qui était donc déporté politique puisqu'il y en avait depuis longtemps en déportation, qui est venu le chercher et qui l'a caché pendant deux trois jours, jusqu'à ce qu'il puisse ressortir, jusqu'à ce qu'on ait oublié." Bernard BAILLE-BARRELLE

    *

    René Faure fait partie de l'AS. Son frère Jean l'a rejoint au maquis au printemps 1944 et leur section est basée à Rivoirand lorsque les Allemands lancent leur offensive.

    "Ils ont attaqué l'Oisans avec les tanks, leurs blindés et compagnie, et nous on a reçu l'ordre de repli sur le lac Luitel.

    Pendant qu'on montait du Rivoirand donc jusqu'au lac Luitel on sentait qu'on était épié tout le long, surveillé, contrôlé par des gens en civil. On les voyait qui nous guettaient. On est monté quand même au lac Luitel, et c'est là qu'ils nous ont tiré dessus. Ils ont commencé à nous bombarder au mortier et à la mitrailleuse. Là, sur les quarante à peu près qu'on était à la Croix-du-Mottet, on s'est spéaré par petits groupes de douze. On s'est caché parce qu'ils patrouillaient dans les bois un petit peu de partout. On s'est caché pour éviter qu'ils nous chopent parce que s'ils nous chopaient c'était la mise à mort. C'est d'ailleurs là...Mon frère, l'aîné,était parti aux Chantiers de jeunesse et avait déserté pour venir me rejoindre dans le maquis. Et lui donc là, au Luitel, eh bien il s'est fait tuer.

    [...]

    Il n'a pas eu bien de chance parce que la première bagarre qu'il y a eu...Il s'est fait tuer. Il a pris des rafales de mitrailleuses. C'est les paysans qui l'ont accompagné qui m'ont expliqué : dans l'épaule, et les Allemands, c'est eux qui lui ont tiré dessus et malgré tout il y a un officier allemand qui était peut-être infirmier, il l'a soigné, il lui a mis des pansements. Ils l'ont remis sur pied comme on dit et après ils lui ont dit : "Raus", de partir et à peine il est parti ils ont pris lepistolet et pan, ils lui ont foutu une balle derrière la tête, ils l'ont achevé.

    [...]

    C'était quelques jours avant la Libération, disons mi-août." René FAURE

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  •  

    Focus sur : La Martelière (Voiron)

    Le hameau de La Martelière est l'un des lieux où se trouvent cachés les enfants juifs qui avaient trouvé refuge dans la maison d'enfants installée par le rabbin Chneerson au château du Manoir, à Saint-Etienne de Crossey. Début 1944, face à la multiplication des rafles, les enfants sont dispersés dans des caches du Voironnais. En février, Aloïs Brunner tente de monter une rafle, mais trouve la maison vidée de ses occupants et ne peut arrêter qu'une seule personne. Ayant probablement récolté des renseignements, une équipe de la Gestapo se rend dans la nuit du 22 au 23 mars 1944 au hameau de La Martelière. Elle cerne la maison où se trouvent les enfants, puis l'investit : 17 enfants et jeunes gens, ainsi qu'une adulte, se trouvent là. Ils sont tous embarqués dans des camions, puis transférés à Grenoble, puis à Drancy le 27 mars. L'un des adolescents réussira à s'évader de Drancy. Tous les autres sont déportés : 13 à Auschwitz, 4 à Kaunas-Reval. Un seul survivra à la déportation : Erwin Uhr, alors âgé de 16 ans.

    La rafle de La Martelière est, avec celle de la maison de la Verdière (près de Marseille), le 20 octobre 1943, et celle d'Izieu, le 6 avril 1944, l'une des trois rafles contre des maisons d'enfants en zone Sud.

     

    (Source : 1939-1945 L'Isère en résistance : l'espace et l'histoire)

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  • (Sources : textes = Mémoire vivante, paroles de résistants - Ville d'Echirolles - Ville d'Eybens ; carte = www.mappy.com ; photos personnelles issues du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère)

    Témoignages de résistants

    "Au sanatorium de Saint-Hilaire on avait le commandant Nal qui était camouflé chez nous. Il y avait l'état-major à ce moment-là. Il n'y a pas eu que lui, ils y étaient tous. Mais enfin, le commandant Nal était celui qui dirigeait tout de la Résistance. Toutes les fois qu'il était là haut, c'est moi qui portait les ordres à Saint-Bernard, aux Corps Francs. Quand ils sont allés faire sauter le pont de Saint-Ismier, c'est moi qui ai porté les ordres.

    (...)

    On avait fait un barrage. Moi, j'étais avec Amblard et le groupe d'Amblard, on était cinq. On avait bloqué la route de Saint-Bernard avec fusils mitrailleurs et tout. La route de Saint-Pancrasse était bloquée vers les tunnels. Donc, le pont a sauté. Mais enfin, là haut on n'a pas eu d'embêtements, les Allemands ne sont pas montés. Ce dont on avait peur, c'est qu'il y en ait qui aient vendu le commandant Nal ou autre chose. On fait deux, trois barrages comme ça, jamais on n'a eu à combattre." Joseph CHATAIN

    Témoignages de résistants

    *

    "Je me rappelle un jour, il y a eu un gros départ de machines, des tours, des fraiseuses qui étaient presque neuves, que l'usine avait reçues avant la guerre, en 39, avant que les Allemands arrivent. Elles étaient stockées dans un coin de l'atelier en attendant qu'ils les embarquent et avec les copains, on a décidé de les saboter. Alors, entre midi et deux heures, on a ramassé de la limaille de fer, on a ramassé du sable. On a ouvert les capots des tours, des fraiseuses et on a tout balancé dedans de façon qu'en les mettant en route ça grippe. Pour un tour, une fraiseuse, tout le système d'engrenage était dans l'huile, et on balançait de la limaille, et on aplatissait les tubes qui conduisaient l'huile sur les aires de transmission. Au bout d'un moment plus d'huile, l'aire grippait. Bon, ça a été embarqué. On ne sait pas le résultat qu'il y a eu en Allemagne quand ils se sont servis de ces machines..." Miguel DURAND

    *

    Témoignages de résistants 

    Recrutée par Marius Charles, dit "Julien", instituteur de Domène, Anne-Marie Mingat profite du poste qu'elle occupe à la mairie pour procurer de faux papiers à la Résistance.

    "Il m'a envoyé des jeunes qui ne voulaient pas partir en Allemagne, des jeunes qui voulaient tout de suite monter au maquis avant de recevoir leur convocation. Il m'avait procuré, je ne sais comment, un cachet officiel de la préfecture. Et moi, à la mairie, j'avais à ma disposition tout l'arsenal d'imprimés et tous les tampons officiels. J'ai commencé mon métier de faussaire...J'ai fait des papiers, des papiers, des papiers ! Je ne sais même plus à qui j'en avais établi. Certains m'en ont parlé longtemps après : "C'est toi qui m'a fait mes premiers faux papiers."" Anne-Marie MINGAT

    *

    Témoignages de résistants

    Madeleine Jasserand évoque le soutien que son grand-père, Jean-Pierre Raffin-Dugens, apporte à la Résistance, alors qu'il est âgé de 80 ans passés.

    "Mon grand-père avait la ronéo du Parti Communiste, ronéo destinée à tirer des tracts. Je dois dire que je n'ai jamais vu tirer de tracts, s'il s'en est tiré c'était hors de ma présence. Mais c'était quand même très dangereux d'avoir ça chez soi. La ronéo était bien cachée. Mon grand-père avait dzs lapins et au-dessus des cages, il y avait la réserve de foin, ce qui a fait qu'elle a échappé aux perquisitions, fort heureusement." Madeleine JASSERAND

    Témoignages de résistants

    *

    Pierre Thibaut nous explique que les Allemands ne pouvaient plus utiliser leurs douilles en fer car elles rouillaient. Ils ont alors demandé à la population de leur procurer du cuivre : "Toute personne qui apporterait un kilo de cuivre aurait droit à deux litres de vin".

    "Toutes les montées des escaliers où il y avait des boules en cuivre ou en bronze, les gens les dévissaient et attendaient d'en avoir plusieurs kilos. Toutes les cuisinières, soit au bois soit au charbon, avaient une tringle de sécurité tout autour. Les bonnes femmes les faisaient bien briller dans les maisons. C'était une protection pour ne pas s'approcher trop près, pour ne pas se brûler. Toutes ces protections avaient disparu. On portait - c'est bien des "salopards" - on portait ça aux Allemands. Ils vous donnaient du vin à la place pour pouvoir refaire des cartouches en cuivre. Vous voyez tous ces petits trucs-là...C'est incroyable, ce qui s'est passé. C'est incroyable. Il fallait le voir pour le croire !" Pierre THIBAUT.

    *

    Ce n'est pas la nourriture qui vient à manquer, et l'on connaît aussi la pénurie de vêtements, comme nous le rappelle Jeanne Lamothe.

    "Il y avait un manque de tout, d'habits. Il fallait s'organiser. On avait une paire de chaussettes pour deux. Je le souviens que le matin, c'était le premier qui se levait qui enfilait la paire de chaussettes. Moi, j'allais à l'école, mais souvent je n'avais pas de culotte parce qu'il n'y en avait pas." Jeanne LAMOTHE.

     

    à suivre...

     

     

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