• En Isère, courant 1940, les patriotes qui ne veulent pas s'avouer vaincus se groupent, commence une propagande.

    Début 1941, les mouvements principaux sont : 

    COMBAT, LIBERATION, FRANC-TIREUR, FRONT NATIONAL.

    Ils s'aperçoivent rapidement que, seule, la propagande ne suffit pas, qu'il faut créer une armée. Le 1er mars, l'armée secrète de Combat pour l'Isère prend naissance dans la réunion de trois camarades : Bloc, dit Jolivet ; Job, dit Mas, puis Rappe, Raymond Bank, dit Féval, puis Tinan.

    • COMBAT est dirigé par une vaillante femme, Claude, et ensuite par Jean Bistesi, chargé de cours à l'Institut d' Electrochimie de Grenoble. Celui-ci, efficacement secondé par son épouse, concours au ravitaillement du maquis "Evreux",
    • LIBERATION est créé et lancé par Marguerite Gonnet, mère de neuf enfants, qui assure, dès les premiers moments, la diffusion du journal Libération à Grenoble et dans le département. A dater du début 1941, condamnée à deux ans de prison avec sursis, elle passe ensuite la direction du département à Jean Weber, dit Beaumont, qui organise les comités locaux du mouvement Libération dans tout le département,
    • FRANC-TIREUR est dirigé par Mathieu, Chavant (dit Clément) et l'industriel Jean Perrot, qui protégea de son mieux les ouvriers contre les déportations en Allemagne, et qui fut pour eux un chef et un ami,
    • FRONT NATIONAL a été lancé par X, déporté en Allemagne. Ce fut lui qui, en juin 1942, lança le journal clandestin Les Allobroges (...).

    1943, avec le service du travail obligatoire, voit la création des premiers maquis ; ils naissent tout d'abord au hasard des circonstances, puis sont coordonnés, acquièrent une structure qui ne variera pas beaucoup jusqu'à la Libération. Ceux-ci, entre l'Isère et le Drac, deviendront le maquis du Vercors, dont Clément a été l'un des plus puissants animateurs.

    COMBAT, LIBERATION et FRANC-TIREUR se groupent sous le nom de M.U.R (Mouvement Uni de Résistance), sous la présidence du Docteur Valois. Leur organisation s'améliore chaque jour. Tous les Résistants sentent le besoin de s'unir. COMBAT, LIBERATION, FRANC-TIREUR, le Parti Communiste, le Mouvement de Libération Nationale et le Front National constituent, début 1943, le Comité de la France Combattante de l'Isère, commandée par Rappe. Cette initiative, qui a reçu les félicitations du Général de Gaulle, est reprise ensuite dans toute la France.

     

    (Source : Le Livre d'or de la Résistance en Isère)

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  • Ci-dessous l'article paru dans le Dauphiné Libéré du jeudi 22 octobre 2015 à propos de la projection du documentaire d'Arte sur le maquis du Vercors.

    1944 - Dans le maquis du Vercors (projection au Pathé Chavant)

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  • Ce lundi 19 octobre 2015 eut lieu au cinéma Pathé Chavant (à Grenoble) une projection en avant-première du documentaire de Pierre Catalan et Serge Viallet : 1944 - Dans le maquis du Vercors

    Ce documentaire fait partie de la série documentaire "Mystères d'archives", diffusée sur Arte (saison 4).

    "En juin 1944, alors que la France est occupée, Félix Forestier, cameraman professionnel, est envoyé depuis Paris pour filmer la Résistance dans le maquis du Vercors. Il arrive sur place quelques jours après que les forces alliées commencent à débarquer en Normandie. Sur le plateau du Vercors souffle un vent de liberté. Le 3 juillet, civils et combattants vont défier l’ennemi en proclamant le retour de la « République Française ». Ces images de la Résistance dans le maquis du Vercors, uniques dans leur genre ont, plus tard, été égarées, puis oubliées. Elles n’ont été retrouvées qu’en 2013."

    Si ce documentaire vous intéresse, il sera diffusé sur Arte le lundi 2 novembre 2015, à 17h35.

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    Jean Prévost et le maquis du Vercors

     Le 6 juin 1944, le général de Gaulle termine une allocution par ces mots : "La bataille suprême est engagée...Les consignes données par le gouvernement français et les chefs français qu'il a qualifiés pour le faire, doivent être exactement suivis." Pour le Vercors, c'est la mise en oeuvre du "plan montagnards".

    Avec l'arrivée importante de nouvelles recrues, de nouvelles unités sont créées en différents points. Ce sont de petites unités de 60 à 100 hommes constituant des camps répertoriés, soit 3.000 hommes regroupés sur le plateau du Vercors.

    La mobilisation du Vercors fait suite à la mobilisation de tous les maquis de France (probablement une erreur, car il aurait fallu mobiliser les maquis en fonction des priorités et ne pas les exposer, sans soutien logistique conséquent). Mal armé, il n'est pas assez structuré pour une telle bataille. Le Vercors ignore que l'idée fondamentale des Alliés est de fournir un minimum d'armes pour ce maquis, afin d'assurer l'armement nécessaire aux combats des plages du littoral.

    A la suite du débarquement allié, Chavant décide de vérrouiller les accès les plus accessibles du Vercors. Il barre l'entrée qui va des Trois Pucelles aux gorges d'Engins, soit 4 km de distance. (...) Le ravitaillement est fourni par les agriculteurs : le Vercors doit vivre en autarcie totale. Le colonel Descours envoie d'urgence des demandes de matériel et d'essence à Alger. Jacques Soustelle, chef de la Direction Générale des Services Spéciaux, prend connaissance de ces messages : il demande, le 10 juin, aux FFI, de "freiner au maximum l'activité de guérilla".

    (...)

    Le 13 juin, les Allemands attaquent vers Saint-Nizier. De très violents combats mettent aux prises environ 400 hommes de part et d'autre. Ce premier jour, grâce au renfort du 6ème BCA, les ennemis sont repoussés. Mais la Wehrmacht va tirer la leçon de son échec.

    Le 15 juin, grâce à des miliciens infiltrés tirant à la mitraillette derrière les lignes de partisans, les Allemands avancent jusqu'à Saint-Nizier, en brûlant toutes les fermes et en achevant tous les blessés, les enterrant ou les brûlant sur place.

    (...)

    Le capitaine Tournissa est missionné par Jacques Soustelle pour aménager le terrain d'atterrissage  et préparer des liaisons radio avec les appareils alliés. Ainsi, Tournissa indique à Alger qu'un terrain de 1.050 mètres sur 140 pourra être utilisé dans la deuxième quinzaine de juillet. En découvrant l'aménagement électrique du terrain et certains travaux, les Allemands savent désormais qu'un atterrissage peut avoir lieu.

    Le 29 juin, un groupe appelé Eucalyptus est parachuté avec à sa tête, le lieutenant américain Paray. Il a pour mission de préparer les actions de guérilla et de sabotage dans les lignes de communication, de renseigner le commandement allié sur les forces militaires du Vercors, de la Drôme et de l'Isère, et sur la possibilité d'un débarquement aéroporté. Venu au Vercors, Yves Farges, commissaire de la République pour Rhône-Alpes, s'installe dans la mairie de La-Chapelle-en-Vercors. Là, il confirme l'existence de la "République française restaurée".

    La date du 14 juillet est choisie pour le parachutage par les Alliés, d'armes de toutes natures. Prévenus et irrités par ce parachutage, les Allemands envoient immédiatement leurs chasseurs bombarder le terrain. Les hommes requis parviennent à ramasser les armes parachutées. Toutes les lignes téléphoniques sont coupées et le plateau est privé de toute liaison extérieure.

    Des troupes allemandes arrivent à Grenoble le 17 juillet : il s'agit de la 157ème division d'infanterie de montagne et de la 9ème Panzer Division blindée : une attaque se prépare. La première des unités doit déloger de tous leurs sites les patriotes. La 9ème Division a pour mission de les exterminer dans la plaine où ils devront nécessairement se replier. 

    Le 21, l'attaque massive des Allemands sur le terrain de Vassieux (Drôme) marque le déclenchement de combats violents et sans relâche, qui dureront une dizaine de jours. Ce même jour, Jacques Descour est tué d'une balle dans la tête.

    Le 22, Chavant envoie ce message à Alger :

    La Chapelle, Vassieux, Saint-Martin bombardés par l'aviation allemande ; troupes ennemies parachutées sur Vassieux ; demandons bombardements immédiats ; temps écoulé depuis la mise en place de notre organisation : 6 semaines ; demandons ravitaillement en hommes, vivres, matériel ; moral de la population excellent, mais se retournera contre vous si vous ne prenez pas dispositions immédiates, et nous serons d'accord avec eux pour dire que ceux qui sont à Londres et Alger n'ont rien compris à la situation dans laquelle nous nous trouvons et sont considérés comme des criminels et des lâches. Nous disons bien criminels et lâches".

    A la réception de ce message, Jacques Soustelle ordonne l'envoi d'un commando au Vercors.

    A Vassieux, les ennemis sont attaqués mais les tentatives sont repoussées : les assaillants atteignent les premières maisons du village. Le 25 juillet, à La-Chapelle-en-Vercors (Drôme), les trois-quarts des maisons de village sont incendiées. Allemands et Autrichiens totalement ivres décident de tuer tous les jeunes hommes de la commune. Monsieur le curé Pitavy tente d'intervenir plusieurs fois, mais il n'est pas entendu par les officiers, occupés à leur beuverie. Mais sans son intervention, les Allemands auraient fait brûler la totalité de la population, comme à Oradour-sur-Glane.

    Le général Pflaum, commandant en chef allemand de la région sud de la France, ordonne à ses troupes d'anéantir tout ce qui peut rester du maquis, matériel et ravitaillement. Il parle, dans sa déclaration, de "ratissage" et donne un délai de 7 jours. Les maisons ayant hébergé des terroristes seront incendiées, les bovins et les porcs ne seront laissés aux habitants que dans la mesure de leurs besoins, afin d'éviter d'approvisionner d'autres personnes n'appartenant pas à la famille (l'armée allemande, elle, ayant le droit de se servir).

    Le 28 juillet, des fermes sont incendiées dans la forêt de Lente. 

    Les 29 et 30 juillet, un peu partout dans le massif, des Français sont interceptés et fusillés de la même façon que la veille : ainsi, un témoin a vu dans la forêt de Lente deux hommes pendus par les pieds, qui ont mis plusieurs jours à mourir. Malgré tous ces massacres, l'état-major allié n'a aucune réaction.

    Le 1er août, 5 hommes tentent de sortir du Vercors pour rejoindre Sassenage, puis le maquis de l'Oisans. En sortant des gorges d'Engins, au pont Charvet, ils sont abattus par des tireurs allemands postés. Parmi eux : l'écrivain Jean Prévost. Fin connaisseur de l'épopée napoléonienne, il avait publié une étude critique sur le mémorial de Sainte-Hélène. Sa vive déception à l'issue de la débâcle l'avait décidé à rejoindre le Vercors, où il participa à l'élaboration du "plan montagnards". Il avait 43 ans.

     

    (Source : Le Livre d'or de la Résistance)

     

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  • Le secteur de la Chartreuse est sur le plan géographique riche et très divers. C'est un ensemble de plaines, de forêts, d'alpages d'avant pays, à forte densité de population. De nombreux couloirs de circulation parcourent tout cet ensemble. Cette topographie n'a pas d'équivalence dans le département.

    La Résistance possède un caractère très particulier, forgé par la diversité des lieux. Sur Voiron et en région urbaine, nous trouvons des groupes d'action, alors que dans la montagne se trouvent des équipes de maquisards, et des groupes francs, en plaine.

    Les Allemands sont même, en raison de cette force en présence, obligés de se retirer de Voreppe, du 20 au 24 juin 1940, pourchassés par l'Armée des Alpes. Grenoble n'est pas ainsi soumise, un temps, à l'occupation allemande, puisque libre juste avant la trêve des combats. Le frecel d'armements par cette armée d'armistice prépare la phase de Résistance qui s'organise déjà.

    A partir de l'été 1943, le massif de la Chartreuse voit arriver des pionniers de ce maquis. Ce sont parfois des personnes extérieures au massif, et toutes n'ont pas la même motivation. Pour les unes, c'est fuir le STO. Pour les autres, c'est le combat contre le nazisme. Pour d'autres encore, la possibilité de cacher des Juifs.

    (...) Tous quittent, fin 1943, le massif pour se replier sur Voreppe, Voiron, Saint-Laurent-du-Pont et Rives, les villes les plus importantes, afin d'accueillir des groupes de dissidents. (...) Chaque ville a sa spécificité en fonction de sa position géographique. A Saint-Laurent-du-Pont, il s'agit d'un rôle de guet. A Voreppe et Rives, une surveillance des axes routiers les desservant. A Voiron, où se trouve le siège de la milice, la Résistance a du mal à s'organiser. 

    Le maquis de la Chartreuse 

    Après la Saint-Barthélémy grenobloise, du 25 au 29 novembre 1943, (...) la Résistance iséroise doit se restructurer. (...) Alain Le Ray devient Commandant pour l'Isère, abandonnant son poste du Vercors en raison de dissidences internes persistantes. Son arrivée facilite, en revanche, des rapports plus directs entre les différentes unités.

    Après le 6 juin, jour du débarquement, les acteurs se rencontrent tous au fort du Saint-Eynard. Ce sera la seule fois qu'une telle rencontre aura lieu. (...) Il s'agit de définir, de façon précise, les terrains et actions à entreprendre par les uns et les autres, dans ce secteur. (...) Trois compagnies FTP voient aussi le jour. (...) Environ 750 hommes sont mobilisés dans le maquis de la Chartreuse.

    (...) Contrairement au Vercors, la Chartreuse, prévenue du massacre de Saint-Nizier, ne doit pas devenir une forteresse. Il lui faut former les jeunes dans un lieu préservé, et n'agir que dans la plaine, avec les autres forces d'intervention. Là est son rôle.

    Ils montrent leur force et leur nombre, par une descente à Voiron, où ils manifestent leur présence durant toute la journée du 29 juin. Les miliciens abandonnent leur poste de commandement. Le lendemain, devant cette menace, ils se replient à Grenoble.

    Le 14 juillet, des armes sont parachutées sur le Vercors. Des hommes sont envoyés dans le but de les récupérer, car les maquisards en manquent cruellement. Toutes ne sont pas récupérées, certaines sont égarées. Cette action provoquera une gêne et une incompréhension entre les différents secteurs. Le 28 juillet, descendus à Voiron, plusieurs centaines de maquisards récupèrent des stocks de nourriture et de vêtements.

    (...) Le 14 août, la cluse de Voreppe est attaquée. Le combat dure une demi-journée, et les Allemands s'enfuient en laissant leurs véhicules. Une vingtaine de véhicules sont également attaqués par la compagnie Stéphane. Il ne s'agit plus de guérilla, mais d'un affrontement direct et, malheureusement, de représailles...terrifiantes et sanglantes. La Chartreuse sera-t-elle attaquée ?

    Une Compagnie, "Antoine", est mise en action le 15 août. Arrivée au col du Cucheron, le détachement intercepte une camionnette remplie d'armes destinées au maquis de l'Ain. Le chauffeur de cette camionnette apprend aux maquisards qu'il ne reste plus dans Grenoble que quelques rares unités.

    Le 22 août, la ville est libérée à 8h30. Le bataillon de la Chartreuse devient réalité ce même jour.

    En conclusion, le maquis de Chartreuse a eu notamment une redoutable efficacité dans les sabotages et autres destructions de stocks de matériel. Son action permanente a permis de former de nombreux jeunes à l'action menée en vue de la libération.

    (Source : Le Livre d'or de la Résistance en Isère)

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