• Le Polygone

    Louis Nal est un militaire de carrière. Fait prisonnier en Suisse, il attrape la tuberculose et est rapatrié à Grenoble. Affecté au Parc d'artillerie, il organise un réseau de Résistance et devient Chef d'état-major de l'Armée Secrète de l'Isère. Son adjoint est Aimé Requet : Louis Nal le charge de dissimuler des détonateurs dans le Polygone afin de provoquer une l'explosion du plus grand entrepôt de munitions allemandes de la ville.

    Le Polygone

    Le Polygone

    Grenoble - Nuit du samedi 13 au dimanche 14 novembre 1943 entre minuit et une heure. Soudain, le ciel s'embrase. Les vitres se brisent. La détonation arrive comme une lame de fond. Elle vous prend aux tripes quand, tout autour, les montagnes font écho.

    La lueur, personne à Grenoble ne l'a vue. Ils dorment tous, tous sauf deux qui l'espéraient. A la cité des Abattoirs, Aimé Requet, et rue Joseph-Rey, Louis Nal. Bien emmitouflés, depuis dix heures du soir, ils attendent chacun de leur côté dans une pièce glaciale parce qu'ils ont tous deux ouvert leur croisée.

    - Enfin, dit Nal en regardant sa montre.

    - Je me suis bien démerdé, pense tout haut Aimé Requet qui, lui aussi, cherche l'heure.

    La déflagration jette tous les dormeurs à bas de leur lit.

    - Ils nous bombardent !

    "Ils", ce sont les aviateurs américains.

    - La gare !

    Les gens s'interrogent d'une fenêtre à l'autre.

    Trois heures durant, les explosions succèdent aux explosions : l"Apocalypse ou, plutôt, l'idée qu'on s'en fait.

    Des obus éclatent en série. Par contagion, des caisses d'explosifs et des munitions sautent.

    - C'est le Polygone ! Comme en 18 !

    1918 : ce n'est pas si lointain, quand un sinistre accidentel avait dévasté le Parc d'artillerie.

    C'est le Polygone. Avec les stocks qui y sont accumulés, la fête continue. Des fusées rouges s'élancent vers le ciel. Des fusées vertes leur répondent. Des blanches restent accrochées quelques instants à une centaine de mètres de haut.

    Les Allemands qui, comme tout le monde, ont tout d'abord cru à une attaque aérienne, sont maintenant sûrs qu'ils ont eu affaire à un commando.

    Branle-bas dans les casernes d'où partent bientôt des patrouilles pour sillonner la ville à la recherche des terroristes.

    Rue du Quatre-Septembre, à côté de la gare, trois soldats et leur caporal aperçoivent deux hommes qui viennent vers eux. Qu'ils n'approchent pas trop ! Les coups de fusil partent presque en même temps. Deux corps gisent sur la chaussée : deux journalistes qui voulaient se rendre sur place. Ils n'ont pas eu le temps de montrer leur "Ausweis".

    (...)

    Dans leur maison, des Grenoblois ne pourront pas se rendormir. Pour la plupart, leurs chambres n'étaient pas chauffées. Mais maintenant, sans fenêtres, c'est intenable. Alors dans le froid, ils commencent à déblayer les gravats.

    Vers 4 heures, dans son appartement miraculeusement intact, Aimé Requet se couche mais monte son réveil sur 7 heures. Quand la sonnerie l'appelle, il a l'impression de s'être assoupi cinq minutes au plus.

    - Déjà ?

    Il roupille encore à moitié quand il s'assied devant son bol de jus noir. Une tranche de pain, un peu de confiture et une resucée de bibine.

    - Allons-y !

    Dans les rues, débris de verre et plâtras jonchent le sol. Attention de ne pas percer les pneus ! Partout, il n'y a que vitrines brisées et rideaux de fer boursouflés. Des enseignes pendent, restées accrochés à leurs câbles électriques.

    Poussant son vélo à pied; Requet traverse le passage à niveau qui le sépare du Parc. Des cheminots le reconnaissent.

    - Tu vas là bas ?

    - Oui. Je vais voir.

    - Qu'est-ce qu'ils leur ont mis !

    - C'est la guerre, mes petits.

    Il est huit heures quand il saute de son vélo devant le portail du Parc.

    - Ach, Monsieur Requet, vous voyez le travail ! Les Français tous des terroristes. Fusillés !

    - Y'a des salauds partout, Herr Major. Je vais mettre mes équipes au boulot !

    (...)

    Aucun blessé parmi les veilleurs de nuit français qui se sont faits petits dans leur local près de l'entrée : ils ne font jamais de rondes la nuit (c'est l'apanage des Allemands). Ils mettent aussitôt un gazomètre en accusation parce qu'il a pris un air penché.

    (...)

     

    (Sources : mappy.com ; Et Grenoble explosa...L'exploit d'un soldat isolé : Aimé Requet- Georges Avallet)

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  • Commentaires

    1
    miguel haler
    Mardi 14 Mai à 12:32

     Bonjour, 

     j'ai trouvé  votre récit   passionnant . Je suis romancier,  et , suite au témoignage d'un ami de mon père mort il y a une vingtaine d'années qui a fait partie du maquis,  j'ai décidé  d'écrire un roman en m'inspirant des faits qui se sont déroulés entre Grenoble et le Vercors ... Pour cet écrit qui sera forcement un roman d'après témoignages,  parce que je ne l'ai pas vécu, mais que je voudrai rendre hommage à tous ces hommes qui se sont battus pour notre liberté, j'ai commencé ce texte...  Je voudrais  que la jeunesse  se rende compte des sacrifices qui ont été faits par les anciens pour garder la liberté et la république.....

     

     Si je pouvais avoir  plus de détails sur les préparatifs ,  l'organisation et le nombre d'hommes qui ont participé à cette  action d'éclat, j'en serais très heureux pour mon texte.

     Je compte aussi  le faire relire par un historien pour ne pas trop dire de conneries avant de l'envoyer  à mon éditeur.

     Merci si  vous pouvez m'aider dans ce travail de roman mémoire.

     Amicalement Miguel Haler.

    ...

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